Productivity challenge

Après des années passées à faire des analyses, produire des livrables, le cap de gestion de projets a questionné ma façon de travailler. La vie intense parisienne, la responsabilité nouvelle de gestion de ressources, ma quête de sens aussi ont été autant d’événements qui m’ont poussé à me questionner sur cette charge de travail qui m’envahissait. Sans être dans la caricature du cadre en burn out, je sentais ce besoin de prendre du recul en matière d’implication personnelle, d’adopter une méthode plus efficace et plus efficiente pour faire avancer mes objectifs tant professionnels que personnels…

Une discipline de travail pour laquelle je n’ai pas forcément été formée et qui est difficile à trouver quand on reçoit des centaines d’emails par jour, ou plusieurs réunions en même temps, voir être mobilisée pour toutes les urgences impliquant de près ou de loin le projet en question (sans hiérarchisation ni priorisation et encore moins d’autonomie…).

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Source: Pinterest

Avant mon changement d’activité, j’avais instauré quelques éléments dans ma routine me permettant de mieux maitriser ma journée, mes objectifs et ma productivité:

  • Une to do list mensuelle
  • Une to do list hebdomadaire (à mettre à jour selon l’avancement de la to do list hebdomadaire)
  • Une to do list quotidienne (à mettre à jour chaque soir)
  • Bien calculer sa charge de travail actuelle pour visualiser 1) toutes les actions prévues/ souhaitées/ réalisées 2) la durée nécessaire pour accomplir chaque action
    • Cet exercice était le plus difficile à mon sens car il nécessitait de quantifier des actions souvent diluées dans le temps et d’en identifier d’autres que je réalisais sans même m’en rendre compte (car j’estimais qu’elles étaient nécessaires pour le projet mais qui m’étaient pas officiellement demandées)
  • Vérifier en quoi j’apportais le plus de valeur dans cette liste d’action et se poser la fameuse question « à qui puis-je déléguer telle ou telle action » tout en gardant une action de suivi avec une charge raisonnable (car déléguer n’est pas oublier!)
  • Vérifier que la qualité attendue (par le client/ acteur bénéficiant de l’action) correspond bien à la qualité prévue. En transposant la valeur perçue et la valeur réelle, il n’est pas toujours nécessaire de faire / produire une qualité très élevée qui n’est pas celle attendue et qui sera alors gaspillée (la conscience professionnelle peut être un piège)
    • Exemple simple que j’ai observé auprès d’un de mes anciens managers: le culte du compte rendu peut être particulièrement chronophage alors que la prise de note peut être faite pendant ladite réunion et envoyée par email juste après (dès validation) avec surtout le suivi des actions

Cette discipline n’était pas aisée à adopter du jour au lendemain. Les pics d’activité détruisaient assez facilement ce cycle vertueux (oui il était vertueux, j’étais plus apaisée et sereine). J’ai choisi alors de communiquer ce besoin de préservation et d’équilibre aux personnes /collaborateurs autour de moi. Le changement est aussi difficile pour soi que pour l’entourage.

J’ai demandé le respect de ces routines en veillant aux feedback pour ajuster si nécessaire (la fréquence des points, le format, les moyens de communication / échange/ partage). Le tout pour éviter la sur-consommation d’énergie de l’ensemble de l’équilibre. L’objectif n’est pas de travailler moins, mais mieux et plus intelligemment. Je crois à l’importance des petits pas et à la force de la routine. Il faut persévérer.

Si cela vous semble difficile de tout changer du jour au lendemain, choisissez une petite partie de ces astuces, adoptez-les de manière mesurée et surtout tenez y dès que vous observez un mieux! Comme pour un rééquilibrage alimentaire ou pour une activité sportive. Si on y va trop fort d’un coup, on ne tiendra pas une semaine.

Après mon changement d’activité, mon ambition et mes objectifs ont changé. Mon autonomie sans un cadre officiel ni supérieur hiérarchique, avec une liberté totale de gestion du temps disponible  pour la créativité, la recherche d’idée (contenu éditorial, envies entrepreneuriales…) m’a complètement perturbée. Si c’était longtemps souhaité, j’en étais encore plus perturbée avec les projets très personnels (déménagement, grossesse…) jusqu’à en occulter ma routine.

Le fait de que je déteste « perdre du temps » a fait que je me suis rendu compte de la pente glissante (et paresseuse) dans laquelle j’étais. Le temps d’une nouvelle routine est arrivée. Et comme l’écrit Scott Belsky dans « Making ideas happen », avoir plein d’idée ne suffit pas, il faut les exécuter.

Un autre défi. Pas moins exigeant, au contraire, car au final il s’agit de se battre contre ma propre nature : même en étant d’un naturel « entrepreneurial » je n’ai jamais sauté le pas dans la création d’entreprise. Une nuance importante qui me renvoie directement à ma peur de l’échec. J’ai compris aussi que pour réaliser/ exécuter une idée il faut la conduire comme un projet de bout en bout (cf. livre « Making ideas happen » de Scott Belsky). Je ferai un article particulier pour détailler un peu plus cette méthode (car elle va au delà même d’une gestion de projet de base).

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Source: Pinterest

En plus de mes lectures, j’ai repris mon « auto-formation » sur le sujet. Internet est riche de support d’entraide, d’interview, de formations, ou réseaux d’entrepreneurs de tout bord.

C’est un processus en cours, je n’ai pas encore suffisamment de recul pour mesurer son efficacité. Mais si cela vous intéresse, envoyez moi vos questions et je partagerai en direct les liens!  ☺️

What to wear #3 : « Du vintage unique sans faire dépassé, est-ce possible? »

Bien avant Instagram, bien avant les e-shop, bien avant Zara et H&M (oui ce monde existait et j’y ai vécu tout en étant une trentenaire!), j’adorais fouiller dans le dressing de ma mère. Porter les blazers roulottés quand ils pointaient à peine leur nez dans les nouveaux portants, chercher les jupes plissées avec un tee-shirt quand les mini-jupes Britney Spears étaient au top, oser le mom-jean quand la seule option disponible était un jean skinny taille (micro)basse…autant d’obsessions qui me trottaient dans la tête durant les années 2000 (oui parce qu’avant mon style se limitait à des lunettes Harry Potter et un look (et un caractère) d’Hermione Granger). J’ai rêvé longtemps de faire les magasins vintage de Paris, mais je n’ai jamais réussi à trouver les bons spots ni le temps nécessaire (cela demande du temps pour trouver la perle rare).

Pourtant à l’ère de l’ultra-consommation mondialisée, de l’uniformité esthétique instagrammesque, du zapping fashion boulimique, des micro-tendances qui jalonnent des envies passagères… j’ai eu de plus en plus envie de coupes classiques, d’objets intemporels, de style fort et reconnaissable, au delà du cycle fast-fashion. Quelque chose de complètement contradictoire: intemporel mais reconnaissable,, tendance sans être fashion-victime (si vous avez vous aussi autant de délires existentiels, écoutez ce podcast hebdomadaire Chiffon le Podcast disponible ici).

Le vintage répond de plus en plus à ce désire d’unicité et de qualité (peut-on vraiment douter de cette qualité qui dure depuis plus de 20-30 ans, alors qu’un article acheté neuf aujourd’hui est troué au bout de 6 mois?). Il répond aussi à:

  • Une question que je me pose de plus en plus sur une forme d’économie de ressources (pourquoi produire autant de jeans ultra-consommateurs d’eau qui finiront invendus?)
  • Si la tendance revient à ce qui était à la mode il y a 10, 20 ou 30 ans, pourquoi faut-il produire de nouveaux objets ou aller juste retrouver ceux qui ont une histoire encore à raconter?
  • Ressembler à des catalogues fait-il le style?

Le marché de seconde main explose (demandez à Real Real ou à Vestiaire Collective 😏). La preuve que je ne suis pas la seule à avoir un besoin de retour aux sources (ou de thérapie…). Les prix varient entre 1) du vintage anonyme qualitatif (propre et pas en mode friperie) avec un positionnement de prix équivalent à de la fast-fashion et 2) du vintage de luxe (YSL, Armani, Prada…) estimé à des prix de marques premium (Maje, Sandro, Gerard Darel…).

Une icône TV d’un style aussi fort que reconnaissable tellement à l’air du temps actuel avec un compte de fan sur Instagram (plus de 260K abonnés un signe!) @whatfranwhore 

Voici en tout cas quelques planches pour vous aider à visualiser (mes délires du moment) ou comment le vintage peut être stylé et pas du tout ressembler à une photo couleur Sépia de nos parents !

Pour éviter la caricature, j’évite sciemment de retenir l’imprimé animalier (déjà traité dans les articles de tendances de la rentrée ici ! 😏) et qui inonde déjà (un peu trop) les comptes des IT Girls d’Instagram.

  • Du preppy tout sauf ennuyeux!

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  • Du baroque façon Gucci (comme quoi le vintage peut valoir un look sorti directement des défilés)

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  • Des carreaux

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  • Le duo blazer / Jeans

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  • La petite robe noire (parfaite et intemporelle!)

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Le seul point pour lequel j’ai encore du mal: les chaussures vintage (barrière psychologique? qui sait!).

Mes quelques sites préférés pour les inspirations ci-dessus même si  pas (encore) testé:

  • Imparfaite cette petite nouvelle du marché de la French Tech est particulièrement inspirante déjà comme ambition entrepreneuriale et dont le compte Pinterest est particulièrement visuel (pour information: des ventes sont organisées selon arrivage, les vêtements sont nettoyés et sélectionnés avant d’être mis sur la MarketPlace)
  • Farfetch
  • The RealReal (équivalent US de Vestiaire collective), il faut se créer un compte pour accéder aux ventes

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Le stylisme très parisien d’Imparfaite vaut le détour…

Alors convaincu(e)s?

Mondial AND local (new?) Moroccan Business culture

Mon adolescence fut marquée par l’ouverture du Maroc au monde. Le début des années 2000 était, de ma perception, embarqué par une frénésie d’ouverture des marques fast-fashion. Avant cette arrivée tant attendue, je me souviens des vacances espagnoles où l’exotisme touristique consistait à trouver son bonheur dans les magasins de prêt-à-porter jusqu’alors inaccessibles comme des graals de la mode. Des objets de désir qui mettaient auparavant une à deux saisons avant d’arriver au Maroc, étaient enfin là « à temps » et des prix relativement accessibles.

Une révolution. L’attrait de cet exotisme lointain m’éloigna (et pas que moi) en quelque sorte de cette culture locale déjà en difficulté. L’un des rares secteurs qui en fut épargné fut celui des caftans. Bizarrement et loin des autres pays de la région, le Maroc a réussi à maintenir une forme d’obligation et de sacré autour du caftan pour certaines occasions sociales. Ce qui avait alors fortement inspiré Yves Saint Laurent comme une autre ode de l’orientalisme de Delacroix était loin des envies des jeunes marocains.

Dessins d’YSL que j’ai pu observer au Musée YSL à Paris (source: Pinterest)

Quand des designers internationaux s’inspiraient de cette riche identité, cela semblait fait pour les autres en « Occident ». Et quand des artistes marocains se permettaient des ré-interprétations,  peu arrivaient à percer: le glamour de la marque internationale attirait beaucoup plus.

Encore trop tôt.

L’explosion des réseaux sociaux et surtout d’Instagram:

La photogénie des lieux touristiques, l’esthétisme et la beauté du savoir-faire artisanal  ont été tout d’un coup exposés par des inconnus, repostés par d’autres…Tout d’un coup ma génération et celle d’après se rendent compte de l’infusion d’une culture locale dans la culture mondiale. Que Zara, Mango voir Rihanna (avec sa marque de beauté FENTY Beauty) s’approprient sans vergogne les codes culturels marocains en les nommant: Marrakech holidays ou bohemian style voir moroccan spices.

Tout d’un coup des « personnalités » ou entreprises locales se sont retrouvées propulsées à coup d’ashtag et suivies par des abonnés de différents horizons. Les business d’Instagram et d’Etsy ont mis en avant des e-shop livrant partout dans le monde.

La nouvelle ère de la créativité locale exposée au marché mondial

Vint le temps d’assumer cet héritage (complexe  à différentes origines et strates: berbères, judaïques, européennes, africaines, arabes, voir turques…) et de porter cette ambition à l’international avec différents positionnements (très luxe, premium, accessible) avec une proposition de valeur plus responsable voir d’économie durable.

  • Des It-Girl ou It-Boy à l’ADN créatif fort

Ils infusent la culture néo-marocaine sur les réseaux sociaux. Ils assument un mix and match occidental/ oriental et féminin/ masculin et mettent en avant un univers propre, fort et inimitable.

Sofia El Arabi et sa marque Bakchic: fortement incarnée par son style bohème, son e-shop est souvent en rupture de stock victime de son succès. Son produit phare a été un sweat-shirt minimaliste brodé avec une lettre arabe (ici).

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Source: Instagram @bakchic_thelabel

Amine Bendriouich: De la création couture identifiée par le grand Vogue (ici) (et à retrouver sur Instagram ici), sa ligne vestimentaire est unisexe et dispose déjà codes esthétiques facilement reconnaissables. Etabli à Marrakech, il sait maitriser son compte social et y insuffler sa créativité insolante et forte.

Source Instagram d’Amine Bendriouich (lien ci-dessus)

  • Des concept store responsables

Pour augmenter l’impact et l’écho porté de cette industrie marocaine: différents concept store ont fleuri (en magasin physique ou e-shop). Certains ont choisi de mettre en avant les réalisations des maitres-artisans locaux ayant peu accès à l’international (pour des raisons de maitrise de la langue ou de la technologie)  comme Souk Stroll (site disponible ici). D’autres ont constitué une plateforme et un réseau de designers / Artistes marocains comme Dar D’art – Le Collectif (ici) voir du bassin méditerranéen comme My Souk And The City (lien ici).

  • Des ateliers pour retraite créative

J’ai découvert très récemment (grâce à un brainstorming Instagram!) ce concept me parait particulièrement intéressant. Le Craft Draft propose des ateliers multidisciplinaires d’apprentissage artisanal à Fès, en plein coeur de la Médina. Mettant en avant la valeur de la transmission mais aussi de la promotion de ces arts manuels, vous pouvez accéder aux informations disponibles ici. Longtemps dévalorisés car peu rémunérés (avec un taux de pénibilité assez élevé), l’artisanat marocain a failli disparaître (j’oserai avancer que mêmes certains corps ont fini par disparaître par manque de ressources et de débouchés). Ce patrimoine mérite d’être préservé!

  • Des Designers et Studios amoureux du savoir-faire artisanal

Zyne: Des babouches ou « slippers » de luxe vendus sur le célèbre Net A Porter (disponibles ici) portés par les fashionistas de l’Instagram sphère. Le business model repose autant sur la tendance actuelle du look bohème que sur le savoir-faire des brodeurs et cordonniers locaux.

Des #ZyneGirls pour des slippers/ babouches comme étant les meilleures ambassadrices de la marque et de son story stelling (source site http://www.zyneofficial.com)

LRNCE: ce studio de décoration installé dans la région de Marrakech et mené par la Belge Laurence Leenaert a été présenté il y a quelques mois au Bon Marché à Paris avec un pop up store consacré à son univers et consacré par le New York Time dans un article paru en septembre (ici). Sa ligne de produits va de la vaisselle à des tapis avec un esthétisme reconnaissable et une liberté créative aux couleurs ocres, bleues, écrues (e-shop disponible ici) respectant un artisanat local et une relation collaborative sans vampirisme culturel.

Source site LRNCE (ici)

Marrakshi Life: Cet atelier de production, de tissus et vêtements en coton, met en avant le fait main, la technique, les ressources de qualité et les coupes intemporelles au point d’en devenir luxueuses. Je l’ai découvert grâce à Garance Doré qui a porté une de leurs chemises blanches magnifiques pour combattre la chaleur de Marrakech et qu’elle a remis en avant lors de sa retraite créative à Marrakech. Ici guère de designer mis en avant mais des artisans aux mains d’or. Les valeurs de cet atelier de production sont  de promouvoir et préserver le savoir-faire ancestral du tissage. Le luxe n’est-il pas de le fait main et la qualité comme exigence?

Source: site de Marrakshi Life

Dar Fatyme: Cette artiste propose des oeuvres accessibles entre pop culture et allure bohème. Elle est distribuée par My Souk and The City et illumine le feed Instagram avec ses créations (photo ci-dessous).

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Source : Instagram @dar_fatyme

Je ne peux citer toutes les références dans le détail (à moins que vous le souhaitiez pour une suite d’articles 😜 ), mais voici quelques marques que j’ai identifiées dans cette vague:

  1. Maison Ait Manos (ici)
  2. Rhita Créations (ici)
  3. Art Modeste (ici)
  4. Kasha Bali (ici)
  5. New Tangier (ici)
  6. Moroccan birds (ici)
  7. Chabi Chic (ici)
  8. Moroccan touch (ici)

Une liste non exhaustive, n’hésitez pas à la compléter via vos commentaires!

En conclusion:

Si cette nouvelle audace créative est facilitée par les nouvelles possibilités technologiques (en quelques clics, l’invitation au voyage, au commerce équitable, au savoir-faire deviennent disponibles!), elle gagne aussi en désirabilité avec les effets d’ambassadeurs, d’influencers ou de story content (contenu de la marque et du lien tissé avec ses abonnés). Elle flatte aussi une recherche identitaire longtemps mise à mal ou dévalorisée par la mondialisation, pour enfin assumer cette fameuse ambition de conquérir d’autres marchés comme d’autres cultures ont réussi à le faire auparavant (et sans parler que de couscous et de corne de gazelle!😏). Une génération d’entrepreneurs qu’il revient à chacun de soutenir, non pas par nationalisme ou patriotisme, mais plutôt par désir d’enrichir le savoir-faire manuel par de nouvelles techniques ou styles et en faire une économie durable. Du local mondial !

Même Madonna est d’accord! (source Instagram @Madonna)

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