Nude is the new black

Il y a quelques années (déjà) mon dressing avait une amplitude de couleur assez large: rouge, gris, orange, jaune, violet (oui oui) … et bien sur noir et bleu. Très large colorimétrie influencée par mon identité et aussi ma jeunesse…Jusqu’à mon installation à Paris. Mon mode de vie plus intense (le métro laisse moins de temps pour chantonner), la grisaille environnante se fondant moins avec toutes les couleurs de mon dressing, et mon balayage qui jurait désormais avec le violet (oui ça ne va pas à toutes les couleurs!) m’ont donné envie de quelque chose de plus parisien; donc du bleu marine, du noir, du noir, du noir et du gris. Non pas que je voulais me renier, mais il se trouve que pour des raisons personnelles j’ai dû changer d’activité, de lieu de vie. D’avoir à laisser une grosse partie de mon dressing, derrière moi, m’a poussé à sortir de ma zone de confort (ok j’en ai pleuré pendant des semaines, mais c’était mon doudou et il me manquait). Tout en étant attachée à cette identité stylistique, cela m’a poussé à la questionner. J’ai partagé ici à différentes reprises mes envies de minimalisme et moins de mode (moins de consumérisme thérapeutique). Mais cet exercice a donné comme résultat: des coupes plus fortes pour des « power suit » ou surtout des manteaux (donner confiance pour une consultante n’est pas anodin). Je n’ai pas non plus tout brûlé à l’autel de la « Parisienne », j’ai gardé mes rouge, blanc et quelques bleu ciel et camel. Plus parisien-coloré donc (oui c’est possible, moins de sparkling bijoux aussi). Les couleurs nude ou terre m’avaient aussi lassé.

Photo prise au Musée Yves Saint Laurent à Paris, un de mes looks préférés de l’exposition!

Pourtant que vois-je débouler sur Instagram cette saison? Du Nude partout. De l’ocre en veux tu en voilà. On se croirait à Zagoura ou aux portes de Marrakech façon palette Naked. Oui bizarre. Bizarre car en plein hiver. Personnellement porter un gros manteau Teddy Bear brun avec des bottines beige cela me fait prendre 20kg avec un teint gris en plein hiver à la luminosité parisienne (connue pour ses aspects tropicaux).

Photo prise au Bon Marché

J’ai sélectionné quelques looks inspirants pour maitriser cette tendance sans ressembler à Diane Chasseresse 😂!

Les pièces faciles à porter pour adopter la nude-wave (les liens disponibles ci-dessous) :

Les associations avec ces tons « terre » ou Earth Tone qui marchent tout en étant originales (plus de photos en bas de l’article):

  • Du blanc et variation d’ivoire ou crème
  • Des textures différentes: soie, laine, cuir, daim
  • Du rouge version Défilé Victoria Beckham Fall Winter 2019 (oui nous sommes en avance sur Stylish B’Corner!)

Je n’ose pas encore sauté le pas de cette nude-mania, en raison des kilos résiduels de la phase post-partum. Mais je vois bien l’attraction que cela peut exercer surtout avec cette tendance du Léopard à tout va. Du nude pour la douceur, la rondeur comme une persistance solaire dans la grisaille. Il n’est plus ennuyeux, il n’a plus la réputation d’être propre aux femmes d’un certain âge obsédées par la propreté et la perfection. Il est désormais loose et streetwear avec des ugly Sneakers, mais aussi Sharp et sophistiqué s’il est porté avec cuir et de la soie ou une couleur forte.

Qu’en pensez-vous ? Etes vous prêtes pour la nude wave? si vous voulez des exemples de shopping, laissez un commentaire ici ou sur Instagram et je vous répondrai!

All I want to wear (this season) but I dare not!

Même en prétendant un esprit libre du style (prétention seulement), je reste soumise aux dictats conservateurs du look. Pour différentes raisons. A Casablanca, le look est hyper féminin, hyper « brandé », hyper codifié: tu portes ton argent comme un étendard, tu portes ce que tu es (fille, jeune fille/ado, jeune adulte, femme mature, senior…), ce que tu fais (fonctionnaire, institutrice, médecin, femme au foyer, banquière, cadre dans la communication…), tu portes pour ce que tu vas faire (aller à un café, à la salle de sport, aux courses, à la réunion avec le comité de direction, à un mariage…). Je fais partie de cette génération qui a dû porter un tablier blanc au lycée, parce que j’étais une fille. Comme discrimination du genre, c’est bien la démonstration par l’exemple… et pourtant j’ai vu à ce moment là (déjà) la liberté créative s’exercer de mes autres camarades de classe. J’avoue que je le voyais de manière interrogative car le style vestimentaire n’était pas ma priorité durant les heures de classe. Je ressemblais plus à Hermione Granger qu’à Paris Hilton (mon amour de la Saga Harry Potter et mes lunettes y sont aussi certainement pour quelques chose). Toujours est-il que j’ai vu d’autres camarades de classe jouer avec ces codes imposés du tablier avec une liberté et une créativité que je leur envie aujourd’hui. a posteriori. Car bien des années plus tard, je me rends compte de l’audace et de l’imagination que cela demandait: entre celles qui raccourcissaient les tabliers jusqu’à ce qu’elles deviennent des chemises et les autres  qui cumulaient les bijoux, les broches et les graffiti, elles arrivaient à l’entrée de ce dit lycée avec la bouche en coeur sans aucune honte pour affronter cette police du style (oui cela existe vraiment…).

Au moment où j’écris aujourd’hui, je me rends compte à quel point ce conditionnement   m’a consciemment et inconsciemment forgé. Je suis donc particulièrement sensible et réceptive aux dictats d’une société qui juge de ce qui est « acceptable » mais tout en étant aussi habitée par l’envie de m’en libérer. Cette envie s’est renforcée petit à petit, s’est libérée quelques années plus tard. Et comme je le dis souvent, je n’ai pas eu de crise d’adolescence, ma rébellion a fini par taper à la porte malgré tout 😜!

A Paris, l’expérience fût différente. Si l’élégance est quelque chose qui transpire dans chaque quartier de cette ville, elle est surtout construite autour d’un fantasme de la parisienne: vêtue de noir, un rouge à lèvres rouge tamponné ou estompé car c’est déjà 22h, les cheveux froissés (car le brushing parfait n’est pas parisien) ou en chignon haut, en terrasse et la cigarette au bec. En vérité, rares sont les parisiennes qui répondent réellement à ce fantasme mais elles sont assez conformes / uniformes en matière de silhouette: bottines, trench ou manteau un peu large ou croisé, sac en bandoulière. Elles sont pressées, portent un Tote bag avec leur vie dedans (PC, encas, escarpins…). L’exubérance est moins forte dans les milieux « normaux » (hors Fashion Sphere) contrairement à des villes comme Londres. La discrétion est élégante, le style est la femme. La « Mode » a quelque chose de plus « futile » car Paris idolâtre l’intemporel, le vintage, le classique, les Maisons (Chanel, Dior…) et beaucoup moins les nouveaux designers.

Donc la « Mode » et ses petites toquades temporaires mettent du temps à s’installer à Paris. Elles suscitent souvent des interrogations au mieux, un scepticisme ou un dédain au pire dans l’entourage parisien. Oser porter des sneakers blanches en milieu professionnel le vendredi (hors milieu de Start up ou des journalistes…) « choquait » il y a quelques années (encore). Un sac à main à perles n’en parlons même pas!

Capture d_écran 2018-11-06 à 17.04.03
Shrimps Antonia Bag ($695)

Donc oui j’avoue que certaines exubérances proposés par les stylistes ou les chasseurs de tendance peuvent m’interpeller, m’intéresser mais… je n’ose pas souvent sauter le pas. Et pourtant je les trouve parfois jolies (ces exubérances). Je ne devrais pas m’en faire dans ce monde d’obsolescence programmée et de changement des rayons tous les 15j. Aussi, voilà les envies modesques coupables auxquelles je ne céderai pas en faisant semblant d’être slow fashion alors que c’est plutôt par manque d’audace 😂!

Le manteau Teddy bear 🐻
  1. Le modèle de chez And Other Stories ici 👈 ou Mango  👉 par là
  2. ou en version fausse fourrure Pastel ici (exemple Topshop) 👈
  3. ou en Léo chez JCrew ici 👈

De gauche à droite -> de 1 à 3:

Le sac banane 👛:
  1. Pour ranger ses clés ou à peine son iPhone, modèle Mango ici 👈
  2. Pour gérer les pickpockets du métro parisien et avoir les mains libres, modèle Mango là 👉

De gauche à droite -> de 1 à 2:

Les Cowboy boots 🤠 :
  1. Blanches par là 👉 And Other Stories
  2. Léo (mais cette paire Uterqüe… hmmm elle me tenterait bien! classicisme ou pas 😜)

De gauche à droite -> de 1 à 2:

Le Kimono d’hiver (ou manteau imprimé?) 👘

  1. En Jaune ou bleu canard Topshop ici 👈
  2. Le rêve d’orient ou de boho-attitude de Mes Demoiselles Paris en rupture de stock ici 👈  (peut être une réminiscence de mon identité visuelle et culturelle)

De gauche à droite -> de 1 à 2:

Le Kimono… j’arrive à le porter sans sourciller en été (enfin quand mon cher et tendre ne me demande pas si je sors en pyjama…) mais en hiver je garde ce blocage de l’effet robe de chambre. Rien n’y fait!

Je pourrais ajouter à cette liste :

  • Les chapeaux d’hiver, qui même si beaux et stylés sur un look, sont difficiles à gérer entre intérieur / extérieur, cheveux aplatis/ cheveux couverts
  • Les cuissardes qui demandent un équilibre entre le sexy et le cool que je ne sais pas encore maitriser même si je les trouve belles à tomber sur les autres
  • La broche sur le manteau: stylée mais qui la voit vraiment avec la grosse écharpe informe?…

Quelles sont vos délires stylistiques que vous n’oseriez pas porter? Dites nous tout! 😉