The Matcha Morning: Move or stand on heels 👠

(yes we have to choose!)

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C’est fou, mais les baskets ont convaincu tout le monde non?
Ok la tendance n’est ni isolée ni récente mais dit-elle quelque chose de nous? surtout des femmes?
Quand je me rappelle des têtes que faisaient mes collègues pour oser en porter un vendredi… (pourquoi la règle du casual ne peut exister que pour les vendredis, d’ailleurs?)

Photo credit de Mme La Fleur de la CEO de la marque disponible ici 👈 

Power heels:
Je me disais ça souvent: « Si tu as besoin de confiance en toi, tu as besoin de talons. Si tu doit affronter l’incertitude tu as besoin d’avoir de la hauteur ».
C’est drôle car je suis relativement grande et que je marche plutôt vite. 
Mais j’avais besoin alors d’être bizarrement ancrée, d’être à la hauteur, de me grandir.
Avec des talons, je suis forcément ralentie (à moins de vouloir faire un vol plané 💥 ).
La transition:
Je suis passée de 12 cm à des talons moyens pour les escaliers et le métro parisien jusqu’à du plat complet.
Petit à petit je me suis laissée envahir par touche d’Adidas, de Nike et autres paires sportives.
Je portais pourtant déjà du plat, des ballerines, des mocassins, des bottes… Mais leurs semelles n’égalaient en rien le confort des Stan Smith.
Est ce que j’ai sacrifié le style (ou supposé style) pour autre chose?
Rien n’égalait ce sentiment d’appartenance à quelque chose d’un peu subversif dans un milieu professionnel un peu trop codifié à mon goût.
J’étais aussi peut-être dans cette envie de renouveau d’identité professionnelle.
Tu vois (oui je reviens sur le tutoiement) quand ton costume te semble morne le matin et que cela devient même le signe de fatigue (car oui j’étais fatiguée de ce ce que je faisais alors 😱).
L’acceptation de ce besoin de mobilité:
Ce qui est intéressant c’est qu’au delà des raisons propres à chacun de se laisser convaincre de cette secte de sneakers, il y a aussi plein de raisons exogènes.
Pour moi, cela avait commencé avec les attentats de Paris, je me sentais dans un besoin de faire face au risque, que je voyais les talons plus comme un ralentissement qu’autre chose. Pareil pour les effets de grèves, de virus, d’inondations… Bref autant de raisons exogènes pour nous renforcer dans un besoin de mobilité.
L’arrivée aussi en masse du mode de vie de l’entrepreneur (dans la Start up nation bien avant M. le Président Macron) y joue un rôle.
Nous avons plus que jamais cette injonction de dynamisme, de le flexibilité comme réaction à cette instabilité ambiante.
Un Jean confortable, un blazer s’il le faut, un sweat absolument, des sneakers et pour adoucir ou habiller le tout des bijoux envahissants (un exemple ici 👈). Un tailleur et des Converse (ou autre) (exemple là 👈). Un rappel de mon enfance, de mes 90’s.
Peut-être que c’est aussi cela le besoin.
Le besoin de se remettre dans quelque chose de doudou, de confortable, pour nous consoler.
Car oui nous avons besoin de bouger, mais peut-être avons-nous aussi besoin de nous réfugier dans des aspects vestimentaires que nous connaissions, qui nous rassurent.
Bon ok, peut-être est-ce aussi la suprématie de l’esthétisme californien (même les hommes sont gagnés par le look doudoune sans manche façon Jeff Bezos plutôt que costume 👔 ).
Mais je vous préviens: je ne suis pas prête à accepter le comme-back des leggings, Lululemon ou pas!
Est-ce vraiment positif?
Je ne me permettrai pas d’émettre un jugement, chacun choisit 1) son mode de vie 2) où mettre ses petits (grands) pieds.
Je me retrouve par contre à penser avec nostalgie à ma naïveté et à mon innocence.
Celles qui me permettaient de mettre du talon de 12 cm, de courir les rues de Casablanca, d’héler un taxi sans sourciller (ah non ce n’est pas du tout aussi glamour qu’une scène de Gossip Girl ou Sex and The City).
Et que par réalisme, par confort, par efficacité et besoin de performance, je ne me laisse pas le temps de « trainer ».
Et puis pourquoi s’arrêter juste aux chaussures? Hello sac à dos ou sac banane 😱 !
(Bon ok Chanel s’est glissé aussi dans ce créneau 👈 )
Au delà de la tendance (et de sa futilité?), il est temps de nous poser avec nos sneakers pour juste profiter de ce que nous avons autour de nous et de prendre du recul sur une quantité d’injonctions autour de nous. 
L’empowerment passe aussi par notre capacité à dépasser cette même injonction de mobilité (ou pas 🤣 #mememoijesuisperdue).
D’accepter d’hésiter entre ancrage et mouvement.
Qu’en penses-tu?

Pour plus d’inspiration, j’ai préparé un tableau Pinterest disponible sur ce thème si tu veux l’épingler ou t’y abonner par ici 👈 , je continuerai à l’alimenter !

  • Ce que je veux regarder sur Netflix : Baby Boss, saison 3 (ça me fait rire aussi parce que le baby boss en question me fait penser à mon bébé 🤣)
  • Ce que je dois finir de lire : le livre de Nathalie Loiseau « Choisissez tout » qui me fait réfléchir sur l’équilibre de vie (mais pas que) et qui m’a été proposée par ma coach 🤓🧐
  • Ce que j’ai écouté : la reprise du podcast Mariés 3 enfants, rafraichissant de réalisme 😉 #lavraievie
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All I want to wear (this season) but I dare not!

Même en prétendant un esprit libre du style (prétention seulement), je reste soumise aux dictats conservateurs du look. Pour différentes raisons. A Casablanca, le look est hyper féminin, hyper « brandé », hyper codifié: tu portes ton argent comme un étendard, tu portes ce que tu es (fille, jeune fille/ado, jeune adulte, femme mature, senior…), ce que tu fais (fonctionnaire, institutrice, médecin, femme au foyer, banquière, cadre dans la communication…), tu portes pour ce que tu vas faire (aller à un café, à la salle de sport, aux courses, à la réunion avec le comité de direction, à un mariage…). Je fais partie de cette génération qui a dû porter un tablier blanc au lycée, parce que j’étais une fille. Comme discrimination du genre, c’est bien la démonstration par l’exemple… et pourtant j’ai vu à ce moment là (déjà) la liberté créative s’exercer de mes autres camarades de classe. J’avoue que je le voyais de manière interrogative car le style vestimentaire n’était pas ma priorité durant les heures de classe. Je ressemblais plus à Hermione Granger qu’à Paris Hilton (mon amour de la Saga Harry Potter et mes lunettes y sont aussi certainement pour quelques chose). Toujours est-il que j’ai vu d’autres camarades de classe jouer avec ces codes imposés du tablier avec une liberté et une créativité que je leur envie aujourd’hui. a posteriori. Car bien des années plus tard, je me rends compte de l’audace et de l’imagination que cela demandait: entre celles qui raccourcissaient les tabliers jusqu’à ce qu’elles deviennent des chemises et les autres  qui cumulaient les bijoux, les broches et les graffiti, elles arrivaient à l’entrée de ce dit lycée avec la bouche en coeur sans aucune honte pour affronter cette police du style (oui cela existe vraiment…).

Au moment où j’écris aujourd’hui, je me rends compte à quel point ce conditionnement   m’a consciemment et inconsciemment forgé. Je suis donc particulièrement sensible et réceptive aux dictats d’une société qui juge de ce qui est « acceptable » mais tout en étant aussi habitée par l’envie de m’en libérer. Cette envie s’est renforcée petit à petit, s’est libérée quelques années plus tard. Et comme je le dis souvent, je n’ai pas eu de crise d’adolescence, ma rébellion a fini par taper à la porte malgré tout 😜!

A Paris, l’expérience fût différente. Si l’élégance est quelque chose qui transpire dans chaque quartier de cette ville, elle est surtout construite autour d’un fantasme de la parisienne: vêtue de noir, un rouge à lèvres rouge tamponné ou estompé car c’est déjà 22h, les cheveux froissés (car le brushing parfait n’est pas parisien) ou en chignon haut, en terrasse et la cigarette au bec. En vérité, rares sont les parisiennes qui répondent réellement à ce fantasme mais elles sont assez conformes / uniformes en matière de silhouette: bottines, trench ou manteau un peu large ou croisé, sac en bandoulière. Elles sont pressées, portent un Tote bag avec leur vie dedans (PC, encas, escarpins…). L’exubérance est moins forte dans les milieux « normaux » (hors Fashion Sphere) contrairement à des villes comme Londres. La discrétion est élégante, le style est la femme. La « Mode » a quelque chose de plus « futile » car Paris idolâtre l’intemporel, le vintage, le classique, les Maisons (Chanel, Dior…) et beaucoup moins les nouveaux designers.

Donc la « Mode » et ses petites toquades temporaires mettent du temps à s’installer à Paris. Elles suscitent souvent des interrogations au mieux, un scepticisme ou un dédain au pire dans l’entourage parisien. Oser porter des sneakers blanches en milieu professionnel le vendredi (hors milieu de Start up ou des journalistes…) « choquait » il y a quelques années (encore). Un sac à main à perles n’en parlons même pas!

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Shrimps Antonia Bag ($695)

Donc oui j’avoue que certaines exubérances proposés par les stylistes ou les chasseurs de tendance peuvent m’interpeller, m’intéresser mais… je n’ose pas souvent sauter le pas. Et pourtant je les trouve parfois jolies (ces exubérances). Je ne devrais pas m’en faire dans ce monde d’obsolescence programmée et de changement des rayons tous les 15j. Aussi, voilà les envies modesques coupables auxquelles je ne céderai pas en faisant semblant d’être slow fashion alors que c’est plutôt par manque d’audace 😂!

Le manteau Teddy bear 🐻
  1. Le modèle de chez And Other Stories ici 👈 ou Mango  👉 par là
  2. ou en version fausse fourrure Pastel ici (exemple Topshop) 👈
  3. ou en Léo chez JCrew ici 👈

De gauche à droite -> de 1 à 3:

Le sac banane 👛:
  1. Pour ranger ses clés ou à peine son iPhone, modèle Mango ici 👈
  2. Pour gérer les pickpockets du métro parisien et avoir les mains libres, modèle Mango là 👉

De gauche à droite -> de 1 à 2:

Les Cowboy boots 🤠 :
  1. Blanches par là 👉 And Other Stories
  2. Léo (mais cette paire Uterqüe… hmmm elle me tenterait bien! classicisme ou pas 😜)

De gauche à droite -> de 1 à 2:

Le Kimono d’hiver (ou manteau imprimé?) 👘

  1. En Jaune ou bleu canard Topshop ici 👈
  2. Le rêve d’orient ou de boho-attitude de Mes Demoiselles Paris en rupture de stock ici 👈  (peut être une réminiscence de mon identité visuelle et culturelle)

De gauche à droite -> de 1 à 2:

Le Kimono… j’arrive à le porter sans sourciller en été (enfin quand mon cher et tendre ne me demande pas si je sors en pyjama…) mais en hiver je garde ce blocage de l’effet robe de chambre. Rien n’y fait!

Je pourrais ajouter à cette liste :

  • Les chapeaux d’hiver, qui même si beaux et stylés sur un look, sont difficiles à gérer entre intérieur / extérieur, cheveux aplatis/ cheveux couverts
  • Les cuissardes qui demandent un équilibre entre le sexy et le cool que je ne sais pas encore maitriser même si je les trouve belles à tomber sur les autres
  • La broche sur le manteau: stylée mais qui la voit vraiment avec la grosse écharpe informe?…

Quelles sont vos délires stylistiques que vous n’oseriez pas porter? Dites nous tout! 😉